La dernière trouvaille du parti socialiste : Hollande est acclamé et attendu par les forces « progressistes européennes et boycotté par les conservateurs ». Ce serait une bonne blague si derrière, les enjeux n’étaient cruciaux pour la France. La réalité, ce n’est pas qu’il n’est pas boycotté mais qu’il n’intéresse ni la gauche, ni la droite européenne.
Loin d’un complot anti-Hollande, les dirigeants européens voient d’un très mauvais œil le décrochage de la France si la gauche venait à gouverner notre pays. Deux problèmes majeurs se profileraient. Le premier, c’est que l’ancrage des pays du sud au reste de l’Europe tient beaucoup à la France. Les décisions que le Gouvernement a prises sont contestées par les socialistes or ce sont celles qui remettent notre pays sur les rails. L’objectif de déficit zéro pour 2016 est dénoncé par le candidat socialiste qui le subroge au retour de la croissance. Sous-entendu : pour faire de la croissance, nous ferons des déficits et si ça marche, on remettra les comptes dans le vert. Sauf que cela fait vingt ans que les gouvernements font cela avec le « succès » que l’on connaît. C’est ce dont ne veulent plus les dirigeants européens, qu’ils soient de gauche ou de droite. Si la France flanche, c’est le redressement de l’Europe du Sud qui est compromis.
Le second point concerne l’Allemagne. Elle a besoin d’une France forte et pas d’un cavalier seul de notre pays qui rapidement tournerait au fiasco. Il n’y a pas que Mme Merkel qui boycotte M. Hollande. Il ya aussi M. Schröder, socialiste, qui dénonce l’archaïsme des visions du PS français, toujours en retard d’une guerre économique. Les propos de la presse allemande, italienne et anglaise sont acerbes sur le manque de crédibilité de la gauche française et de son leader qui passe inaperçu lors de ses déplacements. Quand M. Hollande se félicite de la lettre commune de douze dirigeants souhaitant relancer la croissance, il oublie de lire le texte. Dans celui-ci, la revendication n’est pas une politique de type « keynésien » avec relance par des grands travaux, mais un appel à accentuer la libéralisation du marché européen, ce que ces mêmes socialistes combattent en France. Inutile d’ajouter que l’abstention du PS lors du vote du Mécanisme Européen de Stabilité n’a pas amélioré son image. Toutes ces contradictions font peur à l’Allemagne qui aurait alors, seule, la responsabilité de porter la construction européenne alors qu’aujourd’hui elle la partage avec nous.
Tout est fait aujourd’hui pour que la campagne électorale occulte le contexte de changement profond qui s’opère dans le monde et singulièrement en Europe. Tout simplement car l’incapacité de M. Hollande d’y faire face contraste avec le volontarisme et l’efficacité de Nicolas Sarkozy qui a pris à bras-le-corps ces problèmes depuis 2008. Et cela, un atout capital pour le Président de la République, c’est insupportable pour la plupart des médias.










